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Somnolence résiduelle sous PPC

Il peut y avoir de nombreuses raisons à la somnolence résiduelle sous PPC (pompe à pression continue), le traitement de l’apnée du sommeil. C’est ce que nous allons voir dans cet article. Je présente la troisième conférence du congrès du sommeil virtuel : “Somnolence résiduelle sous PPC : Point de vue des patients et des cliniciens – Prise en charge médicamenteuse ?”

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Introduction de la conférence sur la somnolence résiduelle sous PPC

Cette conférence comprend 3 présentations

  • La parole aux patients : résultats d’une enquête d’Alliance Apnées du Sommeil
  • Les problématiques cliniques au travers de cas cliniques
  • Quelle prise en charge médicamenteuse de la somnolence résiduelle sous PPC ?

La parole aux patients : résultats d’une enquête d’Alliance Apnées du Sommeil

Somnolence Résiduelle sous PPC

Marc SPAENE nous présente le point de vue du patient. Il commence par définir la somnolence comme une difficulté à rester réveillé à des moments où nous sommes censés l’être. C’est un problème de santé publique car l’assurance maladie annonce 1 personne sur 5 concernée ou ayant été concernée.

Ce qu’en disent les médecins

A la première consultation (avant la mise en place du traitement par PPC) 42 % des patients ont un score compris entre 11 et 24 sur l’échelle d’Epwoth. Quelques mois après la mise en place du traitement 22 % des patients ont encore un score comprise entre 11 et 24 sur cette même échelle. Il présente justement le témoignage d’un patient dans ce cas qui décrit plutôt de la fatigue.

Son enquête

Il réalise une enquête par sondage en ligne dont il présente les résultats. Premièrement il présente les tranches d’âge des participants puis le pourcentage d’observance au traitement. C’est-à-dire l’utilisation de la PPC. 72.6 % se disent très observants, 24,6 % se disent moyennement observants et 2,8 % se disent non observants.

Les patients parlent plutôt de fatigue, de trouble de l’humeur ou de mots de têtes que de somnolence. Mais 75 % des patients apnéiques déclarent ressentir ou croient ressentir de la somnolence avant la mise en place du traitement. Et plus de la moitié ressentent toujours de la fatigue après le traitement.

Les causes de cette somnolence résiduelle

Lorsqu’on leur demande : selon vous à quoi cela est dû? 45% pensent que c’est dû à une durée insuffisante de sommeil et 38 % dû à l’apnée du sommeil. Les patients sont gênés dans leur vie professionnelle, sociale ou de couple. Mais la plupart dans leur vie familiale. 16% déclarent avoir déjà été gêné par la somnolence en cas de conduite.

La prise en charge médicale

Un quart des patients ne parlent pas de cette somnolence résiduelle. De ceux qui en parlent, 48% pensent qu’aucune action n’est proposée. Cependant 31% pensent que des conseils pour améliorer le sommeil leur sera proposé.

Conclusion

Ce qu’il faut retenir de cette enquête est qu’il est important de bien informer le patient sur les différences entre fatigue et somnolence ainsi que les causes possibles. Mais aussi la somnolence a un impact majeur sur le quotidien des patients apnéiques car 10 à 14% restent somnolents malgré le traitement par PCC. Aussi un quart des patients n’évoquent pas ce problème en consultation médicale. C’est pourtant primordial pour pouvoir changer les choses. Egalement 38 % des patients sont prêts à prendre un traitement médicamenteux pour traiter cette somnolence résiduelle.

Les problématiques cliniques au travers de cas cliniques

 Les problématiques cliniques au travers de cas cliniques

Dans cette intervention Thibaut GENTINA nous présente plusieurs cas cliniques. Le but de sa présentation et de voir comment reconnaitre la somnolence résiduelle sous PPC, d’en identifier les causes possibles pour pouvoir proposer de quoi la corriger.

Savoir la reconnaitre la somnolence résiduelle

La somnolence résiduelle est acceptable dans certaines conditions. Comme par exemple le soir avant l’heure du coucher, après le déjeuner, après une privation de sommeil (nuit blanche, soirée festive). La somnolence c’est l’incapacité à rester réveillé pendant les périodes de veille majeure de la journée. Il souligne également la notion de chronicité. C’est-à-dire que ça arrive souvent et depuis longtemps. C’est pour cela que l’évaluation clinique du patient est importante dans les mois qui suivent la mise en place du traitement par PPC. Il faut laisser le temps au patient de s’habituer au traitement.

Les outils de l’examen clinique d’évaluation de la somnolence résiduelle

Pour effectuer cette évaluation clinique il existe plusieurs outils. Premièrement les mots du patient, il est important de bien l’écouter pour distinguer la somnolence de la fatigue. Ensuite plusieurs échelles permettent de mesurer les faits comme par exemple l’échelle d’Epworth, l’échelle de fatigue de Pichot ou des questionnaires de dépression. Mais aussi l’agenda de sommeil et les relevés de PPC du télé-suivit du patient constituent des données d’analyse importantes. Cependant ces données ne remplacent pas l’étude clinique. En cas de besoin d’approfondissement il faut effectuer des tests cliniques comme des polysomnographies par exemple.

Si le score de l’échelle d’Epworth est inférieur à 11, il faut tout de même vérifier si la somnolence est bien avouée. Si le score est compris entre 11 et 15 il faut distinguer s’il s’agit de fatigue ou de somnolence. On pourra utiliser pour cela l’échelle de fatigue de Pichot. Par contre si le score est supérieur à 15 on peut chercher une hypersomnie centrale, une narcolepsie ou autre pathologie.

Evaluer l’évolution de la somnolence résiduelle

Il est important dans l’évaluation de prendre en compte la situation avant le traitement puis quelques mois après. Cela permet d’évaluer le niveau de baisse de la somnolence. Mais également de voir si elle n’augmente pas. Dans quelques cas elle peut augmenter et il peut s’agir d’un effet secondaire au traitement par PPC. Par exemple une difficulté d’adaptation au masque, des fuites, le nez bouché, la bouche sèche, une mauvaise pression peuvent engendrer des réveils nocturnes qui augment le ressenti de la somnolence.

Les causes liées au traitement par PPC

En cas de somnolence résiduelle au traitement par PCC il convient de vérifier son efficacité et d’identifier les causes afin de pouvoir les corriger. Il faudra vérifier l’observance. C’est-à-dire si le patient l’utilise suffisamment soit minimum 4h par nuit 5 nuits par semaine. Aussi le temps de sommeil est-il suffisant (agenda du sommeil). Mais également s’il ne s’agit pas d’un effet secondaire comme vu dans le paragraphe précédent. Et enfin si le traitement corrige bien le syndrome d’apnée du sommeil. C’est-à-dire que l’IAH, le nombre d’arrêt respiratoire baisse. Il doit être inférieur à 10 par heure. Les données d’observance fournie par la machine ne doivent pas servir de seul point de repère. Les données de télé-suivi et l’agenda du sommeil doivent être confrontés. Cela permet de mettre en lumière certaines incohérences. De plus le suivi clinique du patient reste indispensable.

Les causes non respiratoires

Si les causes ne sont pas liées au traitement lui-même il faudra chercher des causes non respiratoires. Les causes possibles sont : un syndrome de jambe sans repos, une dépression, des hypersomnies centrales, des affections neuronales post-hypoxiques… Dans ce cas il convient de faire des examens sous machine dans des centres spécialisés.

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Quelle prise en charge médicamenteuse de la somnolence résiduelle sous PPC ?

Quelle prise en charge médicamenteuse de la somnolence résiduelle sous PPC

Après avoir fait cela, Jean-Louis PEPIN nous expose les solutions médicamenteuses en dernier recours.

Modafinil

L’agence européenne a supprimé l’indication du Modafinil dans la somnolence résiduel du SAOS sur la base d’un profil bénéfice-risque défavorable. Il est encore autorisé aux Etats-Unis mais plus en Europe.

Pitolisant

Le Pitolisant, utilisé pour traiter la narcolepsie, fait l’objet d’un processus de remboursement mais n’est pas encore abouti au moment où j’écris ces lignes. Il améliore le score de l’échelle d’Epworth de 3 à 4 points par rapport au placébo. Il possède cependant quelques effets secondaires.

Solriamferol

Jean-Louis PEPIN nous présente finalement plusieurs études concernant le Solriamfetol. Il est étudié sur plusieurs dosages 37,5 mg, 75 mg et 150 mg. Le dosage de 300 mg n’est pas accessible pour la somnolence résiduelle mais uniquement pour la narcolepsie. Le Solriamfetol montre des bons résultats sur l’amélioration du score de l’échelle d’Epworth mais aussi sur la qualité de vie au travail. Il est également efficace sur le long terme (40 semaines). Le dosage de 50 mg présente le meilleur rapport bénéfice risque sans effets significatifs sur la pression artérielle. Les effets secondaires sont principalement les maux de têtes qui ne sont pas si différents du placebo. Mais aussi une perte d’appétit, ce qui peut finalement s’avérer intéressant pour l’apnée du sommeil qui est parfois lié à un surpoids.

Conclusion

Il existe de nombreuses causes à la somnolence résiduelle sous traitement par PPC. Surtout si vous ne ressentez pas d’amélioration après quelques mois de traitement, il faut en avertir votre médecin afin de pouvoir passer dans le processus décrit dans ces conférences. Il n’y a pas lieu de s’alarmer et de s’ajouter des angoisses, ce n’est sans doute pas grand chose mais il ne faut pas l’ignorer jusqu’à en connaitre les raisons.

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