Les apnées centrales chez l’enfant

Dans cet article nous allons parler des apnées centrales chez l’enfant. Il s’agit du premier symposium de la deuxième journée du congrès du sommeil. Juste après l’atelier sur la prescription de mélatonine.

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Introduction

Apnées centrales

En introduction le président de séance Guillaume Aubertin présente les trois interventions qui composeront ce symposium ainsi que leur intervenants.

  • Le contrôle respiratoire et son développement
  • Diagnostic du SAS central chez l’enfant
  • Diagnostic étiologique et prise en charge du SAS central chez l’enfant

Le contrôle respiratoire et son développement (apnées centrales)

Le contrôle respiratoire et son développement

Laurence Bodineau ouvre ce symposium avec sa présentation : Le contrôle respiratoire et son développement. Elle commence par définir la ventilation est une fonction complexe, mais vitale. En effet elle se charge de renouveler l’air dans les poumons. Aussi ces échanges gazeux permettent la respiration cellulaire dans tout l’organisme.

La commande centrale respiratoire

Nous respirons de manière automatique et cela est commandé par la commande centrale respiratoire. Aussi, elle dépend de deux aspects. Premièrement la rythmicité automatique à l’origine de la contraction des muscles respiratoires. C’est la rythmogenèse respiratoire. Mais elle dépend aussi d’un rythme qui est ajusté aux besoins. C’est l’adaptation physiologique.

L’histoire

Laurence Bodineau présente les chercheurs ayant participé à la découverte de cette commande centrale. Notamment Galien, Flourens et Gesell.

Le réseau respiratoire bulbo-pontique

L’automatisme de la respiration repose sur trois générateurs de rythme. Le complexe de prebötzinger (preBötC), le groupe respiratoire para facial (pFRG), complexe post respiratoire (PiCo). L’inspiration serait la partie non modifiable du cycle de la respiration alors que la post inspiration et l’expiration sont conditionnelles. C’est-à-dire que c’est le complexe de prebötzinger qui le principal générateur de la respiration. A contrario le groupe respiratoire para facial et le complexe post respiratoire ne sont pleinement actifs que dans certaines conditions.

Les rythmes sont ensuite transmis à d’autres structures organisées en groupe fonctionnels. Il y a le groupe respiratoire pontique (PRG), le groupe respiratoire dorsal (DRG) et la colonne respiratoire ventrale (VRC). Ce sont ces rythmes ainsi que d’autres informations physiologiques qui commandent la commande centrale respiratoire. Qui elle-même commande les muscles respiratoires de la cage thoracique et des voies aériennes.

Les apnées centrales chez l’enfant

Diagnostic du SAS central chez l’enfant

Ha Trang nous présente le diagnostique d’apnées centrales chez l’enfant. Elle commence par plusieurs définitions.

Définitions

En physiologie les apnées centrales sont fréquente chez le prématuré, le nourrisson et le petit enfant. Mais leur fréquence diminue avec l’âge.

En pathologie le syndrome d’apnée central du sommeil est caractérisé par la répétition d’apnées ou hypopnées survenant sans effort respiratoire. Il entraine une désaturation, des micro-éveil ou éveils nocturnes. Ainsi il provient d’un trouble du contrôle central de la respiration.

Apnée centrale

Chez l’enfant de plus d’un an, l’apnée centrale se définit par une diminution de l’amplitude du flux aérien de plus de 90% par rapport aux cycles précédents. Mais également par une durée supérieur à 20 secondes en l’absence d’effort respiratoire. Ou bien par une durée supérieur à 2 cycles respiratoire ainsi que des réveils nocturnes ou une désaturation supérieur à 3%.

Chez le nourrisson de moins d’un an, l’AASM à ajouté en 2012 une caractéristique de l’apnée centrale supplémentaire. Une durée supérieur à 2 cycles respiratoires ainsi que la fréquence cardiaque inférieur à 50 par minute pendant plus de 5 secondes ou inférieur à 60 par minute pendant plus de 15 secondes.

Hypopnée

C’est une diminution de l’amplitude du flux de la canule de pression de plus de 30 % par rapport aux cycles précédents. De même sa durée est supérieur à 2 cycles respiratoires. Elle est accompagnée de micro-éveils ou d’une désaturation supérieur à 3%

L’hypopnée centrale

Elle n’a pas de ronflements associé. Mais pas non plus d’écrasement de la courbe inspiratoire de flux aérien. Pas de mouvement en opposition de phase.

La respiration périodique

Elle est exprimé en pourcentage de temps total de sommeil. Ainsi elle est caractérisée par plus de 3 apnées centrales séparées par moins de 20 secondes de respiration normale.

L’hypoventilation nocturne

Ha Trang rappelle l’importance de mesurer la PCO2 transcutanée et/ou de fin d’expiration lors des polysomnographie. L’hypoventilation nocturne c’est donc le temps passé avec une PCO2 supérieur à 50 mm de mercure supérieur à 25 % du temps total de sommeil.

Les apnées centrales chez l’enfant

Il y a donc plusieurs symptômes cliniques comme, la somnolence, des difficultés à maintenir le sommeil, des essoufflements à l’éveil, des ronflements ou des apnées constatées par l’entourage. Mais il faudra une polysomnographie pour détecter la présence d’au moins 5 apnées ou hypopnées centrales par heure de sommeil. Ces apnées ou hypopnées centrales devront être supérieur à 50% du nombre total d’apnées et d’hypopnées. C’est-à-dire également les apnées obstructives.

Elle présente ensuite plusieurs cas cliniques.

Diagnostic étiologique et prise en charge des apnées centrales chez l’enfant

Diagnostic étiologique et prise en charge du SAS central chez l’enfant

Iulia IOAN fait l’étude étiologique des apnées centrales. On parle des causes des apnées.

SAS-C avec hypoventilation

C’est une diminution de la commande respiratoire. Si la défaillance se situe au niveau de la commande respiratoire on peut chercher des causes congénitales. Comme par exemple le syndrome d’Ondine, un dysfonctionnement hypothalamique ou . Mais aussi des causes acquises comme une malformation de Chiari, un traumatisme, une tumeur cérébrale, encéphalite, infection…

Aussi si la défaillance se trouve au niveau des effecteurs périphériques il faut chercher une pathologie neuromusculaire, des maladies neuro-génétique – métaboliques.

Il peut s’agir d’un syndrome obésité hypoventilation.

SAS-C sans hypoventilation

C’est une instabilité de la commande avec des causes physiologiques. Comme par exemple le début du sommeil, la transition veille-sommeil, des mouvements, après un soupir, de l’altitude. Ou alors des causes pathologiques, SAS-C émergeant, idiopathique, génétique…

Bilan étiologique des apnées centrales

Il faut faire une IRM cérébrale pour chercher des compressions, lésions, tumeurs cérébrale / moelle. Mais également des exploration cardiaques pour les causes et conséquences des apnées centrales. De même on examine la fonction thyroïdienne parce que l’hyperthyroïdie pourrait aussi être associée aux apnées centrales. Des tests génétiques pour chercher des maladies métaboliques ou le syndrome d’hypoventilation centrale. Ensuite en fonction du tableau clinique on fait des études de la chémosensibilité au CO2 et à l’O2. La prise en charge des apnées centrales nécessite une prise en charge multi disciplinaire, médecin, neurologue, généticien…

Rendez-vous sur le site du congrès du sommeil.

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