Apnée du sommeil : les outils digitaux

Dans cet article nous parlons des différents outils digitaux dans la prise en charge des patients atteints d’apnée du sommeil. Ce symposium est organisé par RESMED au congrès du sommeil.

Pour améliorer votre hygiène de sommeil grâce à des défis hebdomadaires, rendez-vous ici.

Introduction les outils digitaux dans l’apnée du sommeil

Marie-Pia d’Ortho la présidente de séance nous présente les différents orateurs ainsi que leurs conférences.

  • PPC et data mining
  • Télémédecine et continuité des soins en période de COVID-19
  • Quel avenir pour la médecine du sommeil connectée ?

PPC et data mining

apnée outils digitaux : PPC et data mining

Jean-Louis Pépin nous parle de PPC et data minig. Premièrement il rappelle ce qu’est l’apnée du sommeil. Je ne vais pas redévelopper ici je vous laisse découvrir cet article sur l’apnée. Il indique ensuite que l’e-santé et la science des donnée évoluent très rapidement. La diminution de la fatigue résiduelle et la pression artérielle sont liées à la durée d’utilisation de la PPC. C’est-à-dire que plus longtemps elle est utilisée, plus la fatigue et la pression artérielle diminue. De manière générale les femmes utilisent moins la PPC. Cependant la durée d’utilisation est également variable en fonction de l’âge. La tranche d’âge ayant la meilleur observance à la PPC est 50-70 ans (environ 4 à 5h). En-dessous et haut dessus de cette tranche d’âge, l’observance est plus faible. 

Les outils digitaux dans la prise en charge de l’apnée

De plus en plus les outils digitaux dans le cadre de l’apnée permettent d’optimiser et de favoriser l’observance. L’application myAirTM par exemple permet à l’utilisateur le PPC d’accéder à certaines informations sur son smartphone sur la qualité de son sommeil. Par exemple l’observance, les fuites, les évènements résiduels. Mais aussi des vidéos sur la manière de positionner le masque pour obtenir de meilleurs résultats. Dans une étude observationnelle non randomisée on constate que les personnes qui utilisent en plus cette application ont une meilleur observance.

Il présente également une autre étude randomisée et contrôlée effectuée sur deux groupe de patients. Le premier groupe bénéficie d’un télé monitoring simple. Le second groupe reçoit encore des SMS réguliers pendant les trois premiers mois de traitement. Le groupe qui reçoit les SMS a une meilleur observance mais celle-ci diminue après l’arrêt des SMS après trois mois. Certains des patients de ce groupe ont continué à recevoir des SMS par erreur. Au bout d’un an, ce sont les patients qui ont continué de recevoir les SMS qui ont la meilleur observance au traitement de l’apnée. Cela démontre bien l’importance d’un suivi régulier, même dématérialisé. 

Conclusion

Les facteurs associés de manière significatives à l’observance comprennent l’âge, l’utilisation du programme d’engagement des patients, la fuite nocturne, l’IAH résiduel et les niveaux de pression. Ces données permettent d’organiser et d’adapter le suivi du patient pour optimiser au mieux sont observance au traitement. Elles permettent également de diagnostiquer plus rapidement des apnées centrales émergentes et facilite les échanges avec le patient au cours des consultations.

Télémédecine et continuité des soins en période de COVID-19

Télémédecine et continuité des soins en période de COVID-19

Carole Philippe nous présente la continuité des soins en période épidémique, l’impact du confinement et l’importance du télésuivi raisonné. Les recommandations en cas d’infection à COVID-19 ou suspectée sont : 

  • D’informer le médecin prescripteur et le prestataire
  • De ne pas utiliser sa PPC à proximité de son entourage familial (chambre séparé)
  • Si cela n’est pas possible arrêter temporairement le traitement.

La continuité des soins grâce aux outils digitaux dans l’apnée du sommeil

L’épidémie a impacté le suivi des patients. Les interventions à domicile sont restreintes aux patients pour lesquelles elles sont impératives. Pour les autres patients, les suivis sont différés ou effectués à distance. Ceci était possible grâce à la télémédecine. Ce sont les données machines qui alertent des potentiels problèmes/risques. Un point est alors fait par téléphone avec le patient et de nouveaux réglages sont fais à distance si nécessaire. Pendant cette période COVID, les enregistrements de sommeil sous PPC ou VNI sont limités à cause du risque d’aérosolisation du virus. C’est-à-dire qu’ils ne sont effectués que si l’analyse des données machines détaillées ne permet pas de conclure. 

La télémédecine a tout de même certaines limites. En effet certains réglages ou vérifications ne peuvent se faire qu’avec le passage d’un technicien. Le patient est également livré à lui même quant à l’entretien de son matériel, masque filtre…

L’impact du confinement

D’après une étude italienne montre que les horaires de sommeil ont été retardés pendant le confinement. Mais aussi le temps passé au lit a augmenté et la qualité du sommeil a baissé. En France, l’étude CoviPrev constate une augmentation de 12% des troubles du sommeil dès le début du confinement. S’en est suivi une augmentation progressive de 5% pendant les 4 premières semaines puis une stabilisation. Contrairement à l’hypothèse de départ, l’observance au traitement a augmenté pendant le confinement. 

L’importance du télésuivi raisonné et raisonnable

Les outils digitaux dans l’apnée du sommeil doivent être utilisés raisonnablement. Pour un télésuivi raisonnable, un arbre décisionnel a été proposé pour exploiter au mieux les foules de données quotidiennes. Ceci permet d’améliorer le suivi des patients et d’anticiper les décompensations. Cependant un point de vigilance concernant les limites du télésuivi et l’éducation/information du patient est à prendre en considération. 

Quel avenir pour la médecine du sommeil connectée ?

Marie-Pia d’Ortho nous présente premièrement le contexte. Les apnées du sommeil sont précurseurs du parcours des soins connectés. Deuxièmement les enjeux et les attentes des soins connectés. Troisièmement les quelques questions en suspens des soins connectés.

Le contexte

Initialement, les données du traitement telles que les fuites non résiduelles, l’IAH résiduel, la durée et fréquence d’utilisation étaient collectée par enregistrement polysomnographiques et un relevé manuel des compteurs machine. Au cours des années 2000 ces données ont été disponible par l’interrogation de la mémoire de la machine. Soit par connexion filaire ou par carte SD. Ces dernières années, la télétransmission à révolutionné la collecte de ces données et d’autres encore. Ces données arrivent sur les serveurs des fabricants ou prestataires de service à domicile. Elles sont analysés par les utilisateurs finaux, prestataires, médecins, infirmiers… Ces données sont rendues sous forme de tableau. Certains dispositifs permettent de faire des modifications de paramétrage à distance, ce qui permet de passer du télésuivi à la télémedecine. 

Les enjeux et attentes des outils digitaux dans l’apnée

Les enjeux et attentes sont immenses. Tout d’abord l’accès aux soins en corrigeant certains paramétrages suites aux alertes déclenchées par la collecte des données de télésuivi qui peut se faire à distance. Cela soutien le virage de l’ambulatoire. Ils favorisent également la coordination interprofessionnelle des soins. Les applications associées au traitement permettent au patient d’avoir des informations sur la qualité de celui-ci. Mais aussi des accompagnements pratiques et personnalisées. Il peut même recevoir des badges de réussite lors d’atteinte d’objectifs. Cela implique d’avantage le patient, il est moins question d’observance que d’adhésion au traitement.

Les questions

Cependant, il reste encore des points importants comme la sécurité des données, la confidentialité. La pertinence et la fiabilité des algorithmes qui provoquent des alertes et déclenchent le suivi médical doivent encore s’améliorer pour une meilleure utilisation et prise en charge. Aussi le patient a-t-il un intérêt à utiliser ces outils? L’afflux de données ne doit pas modifier son propre ressenti.

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